Africa Banking Forum : faire de la banque un outil de transformation sociale

La 10e édition de cette plateforme s’est tenue à Douala, Cameroun pour explorer les voies d’un accompagnement financier durable des économies.

Le secteur bancaire camerounais, explique les experts à la 10e édition de Africa Banking Forum à Douala, capitale économique camerounaise au mois de juin 2018, se porte « moyennement bien ». Les raison de cette santé bancaire, ils les situent sur sa capacité de diversification face à la baisse des cours de pétrole sur le marché mondial. Malgré tout, cette chute a eu un impact sur les activités économiques et sur les clients des banques qui ne sont plus en mesure d’honorer leurs engagements à date. Ce qui ressort largement du contenu du premier thème traité, lequel a porté autour d’une table –ronde sur « Banques en Afrique Centrale : regards croisés sur un modèle en quête de performance ». Une comparaison qui affiche des approches et stratégies différentes, selon qu’on soit en Afrique Centrale, ou de l’Ouest. A ce jour, le Cameroun, moteur de l’économie de la sous-région Cemac, présente un taux de bancarisation de 17% avec 15 banques à capitaux privés. Ce nombre est d’ailleurs insuffisant du fait de la non maitrise de la régulation qui définit les conditions d’accès à la profession. Est-ce  donc aisé de mobiliser 10 milliards Fcfa pour constituer le capital minimum d’une banque ? Les acteurs avertis estiment que cela n’est possible qu’en associant d’autres partenaires. « Les gouvernements doivent comprendre la nécessité de bâtir un système financier pour accompagner le financement des économies nationales », analyse un expert. La réflexion est d’autant plus préoccupante que ce n’est qu’en 1990 qu’on a observé au Cameroun des produits bancaires répondant aux besoins des populations, au regard de l’émergence des banques à capitaux privés. Les premières banques classiques n’ont pas eu le souci d’offrir des politiques de crédit. « On doit mettre l’accent, entre autres, sur l’organisation du secteur privé avec le renforcement des capacités des entreprises », insiste le ministre délégué auprès du ministre des Finances camerounais, Yaouba Abdoulaye. Entre temps, en Afrique de l’Ouest et plus précisément en Côté d’Ivoire, le taux de bancarisation est passé de 10% en 2005 à 20% en 2010. « Nous avons constaté que les objectifs fixés en cinq ans n’étaient pas atteints, parce que la bancarisation rime avec l’éducation financière », témoigne le directeur exécutif de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers en Côte d’Ivoire, Serge Kouamelan. Depuis lors, ce pays a adopté une stratégie d’inclusion financière, en mettant en place une plateforme avec les acteurs bancaires pour permettre aux populations de se familiariser à la banque.

Michel Ferdinand, Cameroun.

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