Cameroun : le Crédit du Sahel au chevet des producteurs agropastoraux à l’Est

Cet Etablissement de Microfinance crée dans le Grand-Nord du pays a octroyé plus de 400 millions de Frs Cfa des micros crédits en 2018 pour booster la production et la transformation afin de lutter contre la pauvreté dans cette région.

Les producteurs agropastoraux de la région de l’Est Cameroun ont été soulagés en 2018 grâce aux multiples micros financements octroyés par l’Agence du Crédit du Sahel de la ville de Bertoua dans l’Est du pays. « J’ai réussi à cultiver 2 hectares de maïs lors de la première campagne agricole à la faveur d’un financement de près de 500 mille Frs Cfa que j’ai reçu de cette structure », déclare Daniel Domi, un délégué de GIC basé à Dimako, Département du Haut-Nyong. Comme lui, plusieurs producteurs agropastoraux de cette région affirment avoir bénéficié des financements de cette Microfinance. Le nombre croissant des bénéficiaires des financements est le résultat d’un travail titanesque abattu par le Crédit du Sahel depuis son implantation dans la zone le 11 septembre 2006. Avec une seule Agence, cette structure a développé une stratégie qui consiste à organiser les communautés de base en groupe d’initiative commune (GIC) et stimuler l’épargne en leur sein. C’est le cas de Mbitom, une localité dans l’Arrondissement de Bétaré Oya, Département du Lom et Djerem très enclavée. Aucune structure financière n’y existe. Mais aujourd’hui, les habitants de cette bourgade peuvent désormais accéder aux crédits scolaires et agropastoraux grâce à des comptes courant et d’épargne ouverts en leur faveur par le Crédit du Sahel. Tout part d’un constat : « Lors d’une descente sur le terrain, il a été constaté qu’il existe des milliers des producteurs de grandes quantités de maïs à Mbitom. Malheureusement, ils ne bénéficiaient d’aucun appui ni encadrement et n’arrivaient donc pas à écouler leur production. Comme solution, le Crédit du Sahel les a regroupés en 17 groupes d’initiative commune et 1 Union des GIC. Ils ont par la suite ouvert des comptes d’épargne », expliquait en son temps Ismaïla Adama, alors Chef d’Agence de Bertoua. Comme à Mbitom, la même opération a été menée dans plusieurs localités de la région. Si cette stratégie d’expansion se pérennise, le Crédit du Sahel aura devancé ses concurrents dans la bataille de conquête de marché, et gagner en même temps l’un de ses objectifs fondamentaux puisque cet Etablissement de Microfinance selon son orientation « avait été créé par l’élite de la région du Grand Nord Cameroun le 12 décembre 1997 pour aider les populations locales qui n’avaient pas accès aux crédits des banques classiques ». Par ailleurs cette réussite en termes de nombre des bénéficiaires des crédits est le fruit de la discipline dans le travail. « Nous reposons notre stratégie sur un management de haute qualité relationnelle qui s’appui sur un esprit d’équipe, un sens élevé de discipline et dévouement au travail. Tout cela cadré par des réunions d’équipes tenues tous les jeudi matin et des objectifs évalués, assignés hebdomadairement à chacun ». Rapport un cadre.

Cependant, malgré ces efforts, le Crédit du Sahel fait face à une rude concurrence dans la région de l’Est Cameroun. En effet, la ville de Bertoua où il est implanté compte aujourd’hui 07 Banques classiques et une quinzaine des Etablissements de Microfinance (EMF). Rappelons en fin que c’est dans la région de l’Est Cameroun que le Crédit du Sahel au cours d’une Assemblée générale tenue le 14 novembre 2009 avait décidé d’augmenter son capital social à 2 milliards de FCFA suite à la pression de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), laquelle avait estimé que son capital de 800 millions de l’époque était incompatible avec son volume d’activités et d’affaires.

Sébastian Chi Elvido, Cameroun

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