Cameroun : Le « Ndo’o » envahit les marchés de Yaoundé

Le retour en force de la mangue sauvage, ou « Ndo’o » en langues locales de la Région du Centre, fait le bonheur des consommateurs qui en vantent les multiples bienfaits.

Dans les marchés de la ville de Yaoundé, on le voit bien, c’est la saison des mangues sauvages  encore appelées « Ndo’o » ou « mango ». Les revendeuses du marché Mokolo disent s’approvisionner dans les localités périphériques (Okola, Monatélé, Efoulan notamment) quand les producteurs ne viennent pas leur proposer leurs cargaisons sur place. Sur les étals ou à même le sol, la mangue sauvage se vend en petits tas de 100 FCFA ou dans les seaux de 5, 10  ou de 15 litres. « Le prix varie entre 4 500 et 14 000 FCFA », selon Mama Alice, l’une des vendeuses qui dit avoir fait de la vente du « Ndo’o » son activité principale. « En vendant le seau de 15 litres à 14 000 FCFA, je dégage des bénéfices consistants », affirme-t-elle. Même son de cloche chez Alima, un de ses collègues : « Je suis dans le domaine depuis des années. J’envoie mes enfants dans les villages ou ils achètent des fèves humides que je sèche sur place. Il arrive que je me retrouve avec quatre filets de 100 kilos chacun. Ce qui me permet de devenir à certains moments un grossiste ».

Face à l’importance que prend la mangue sauvage dans l’alimentation et dans d’autres secteurs, ALIMA explique que les sociétés coopératives s’organisent pour sa culture, sa production, sa transformation et sa commercialisation. Les stocks sont alors écoulés jusqu’au Nigeria pour sa transformation industrielle.

Multiples vertus

Ce produit des régions tropicales (on le retrouve dans les Régions humides du Centre, du Sud du Sud-ouest et du Littoral, ndlr) abonde dans les marchés grâce à ses nombreuses vertus. Classé parmi les produits forestiers non ligneux, ce fruit dont le jus est amer et sucré est doublement attrayant. Outre sa chair sucrée, son noyau peut  être consommé, commercialisé ou transformé. En général, rien ne se perd dans le Ndo’o.

La consommation de cette graine oléagineuse se fait sous plusieurs formes dont la plus prisée est la soupe.  En effet, après séchage, le noyau est écrasé à la machine ou à la pierre pour obtenir de la poudre. Laquelle joue le rôle de l’arachide et peut servir à la préparation de la sauce appelée « Mfiang Ndo’o » chez les Beti. Cette sauce est gluante riche en calories est incrustée de poisson ou de viande. Elle est appréciée par les consommateurs. « Pour le plaisir de mon mari, je cuisine le « Mfiang Ndo’o » deux fois par semaine. Il me dit que cette sauce gluante lui facilite la digestion », affirme une cliente. Quant à Lydie, elle dit apprécier particulièrement la sauce de « Ndo’o » aux arachides : « Je consomme surtout le Ndo’o quand je veux préparer une sauce d’arachide même en petite quantité ».

L’importance du « Ndo’o » amène les consommateurs et autres utilisateurs à développer des techniques pour sa conservation, sec en graines ou en une pâte solide.  Pour cela, il est conseillé de bien en sécher une grande quantité qu’on grille avec un peu d’huile. Ces graines sont alors écrasées afin d’obtenir une pâte  couleur chocolat qu’on place dans un moule pour solidification. Yvette Mballa qui préfère le vendre dans cet état déclare que « conserver cet aliment à l’état sec ou pâteux est plus avantageux et économique puisqu’il sera disponible à n’importe quelle saison ».

Le « Ndo’o » est également utilisé dans la fabrication de nombreux dérivés tels que le beurre et l’huile raffinée. On évoque également son importance dans celle des produits cosmétiques tels que le savon, les huiles de toilette et les baumes de massage. Les spécialistes justifient cela par le fait qu’il contient des éléments favorables au renouvellement de la peau et les tissus musculaires. Dans la pharmacopée traditionnelle, le « Ndo’o » est également utilisé comme cicatrisant, antipoison et antidouleurs.

Bernard Bangda

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *