Cameroun : un candidat à l’élection présidentielle risque la prison

Lors de l’audience du 11 septembre 2018 devant le tribunal de première instance de Yaoundé sur la succession de Solomon Tadeng Muna, l’un de ses fils, Akere Tabeng Muna, l’un des huit challengers du chef de l’Etat camerounais le 7 octobre 2018.

L’audience du 11 septembre 2018 s’ouvre par un incident. Sans qu’ils en soient informés comme le veulent les usages en la matière, les avocats d’Ama Tutu Muna apprennent que les 09 et 10 Septembre 2018, le prévenu, Akere Tabeng Muna, a saisi le tribunal par voie administrative pour demander le renvoi de la cause. Pour ses avocats, leur client prépare sa campagne électorale en vue de la présidentielle du 7 octobre 2018. Une tentative de passage vite bloquée par la partie civile et le parquet. Selon Me Fostine Fotso, l’un des conseils de l’ancienne ministre des Arts et de la Culture, partie civile dans cette cause, « l’on ne peut pas arguer de la campagne électorale qui ne va commencer que le 22 Septembre 2018 pour demander un renvoi ».

Finalement, le président de la collégialité, Joël Bias, rejette la demande formulée par Me Akere Muna.

Par la suite, le représentant du ministère public, Samuel Ngo, expose sur les manœuvres auxquelles s’est livré le prévenu (déclarations mensongères, dissimulation de procédure, faux et d’usage de faux en écriture privée et du commerce) pour arriver à ses buts. Le ministère public s’appuie sur le rapport d’expertise graphologique, admis dans le dossier de procédure, dans lequel il est établi que sur le procès-verbal du conseil de famille présenté à l’autorité pour certification de conformité par le prévenu Akere, la signature d’Ama Tutu Muna a été imitée. Samuel Ngo conclut alors à la culpabilité du prévenu et demande au tribunal de condamner Akere Muna pour les faits qui lui sont reprochés. A savoir « déclarations mensongères dissimulation de la procédure ayant abouti à l’obtention d’un jugement d’hérédité et faux et usage de faux en écriture privée ou de commerce ».

L’affaire est mise en délibéré pour le 25 Septembre 2018.

Pour rappel, la benjamine et unique fille de la fratrie Muna accuse son frère Akere Muna d’avoir mal géré la succession de feu leur papa, l’ancien président de l’Assemblée nationale camerounaise, Solomon Tadeng Muna. Dans le camp Akere Muna, on crie à une manœuvre du régime pour l’empêcher d’accéder à la magistrature suprême.

Bernard Bangda, Cameroun

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