Cameroun : un opérateur économique de Ngaoundéré maquille les comptes de son entreprise

Harouna Ehmat dissimule ainsi près de 4 milliards de FCFA par an par la création de plusieurs sociétés écran dont il ne déclare pas les revenus réels au fisc. Plusieurs proches sont mis à contribution. Enquête au sein de la galaxie de l’entreprise Waglam SARL.

Harouna Ehmat, le promoteur de l’entreprise Waglam SARL, se joue du fisc depuis plusieurs années. Cette société regroupe en son sein en réalité cinq autres dont les documents fiscaux sont obtenus dans différents centres des impôts du Cameroun. Ainsi, c’est à Sangmelima dans le Dja-et-Lobo que l’entreprise Moussa Sultan, appartenant Moussa Sultan, vigile à Waglam SA, qui s’occupe de l’achat du sucre auprès de la société sucrière du Cameroun (Sosucam), a obtenu son titre de patente. Quant aux sociétés Harouna Kassao (achat du sucre) et Adam (achat du riz), elles sont domiciliées au centre régional des impôts de l’Ouest à Bafoussam. L’entreprise Ehmat Harouna, spécialisée dans l’achat du riz, et Waglam SARL n’échappe pas à ces micmacs.

Seulement, les responsables des centres des impôts où ces entreprises sont censées avoir été créées disent n’avoir aucune d’elles dans leurs registres. C’est qu’en réalité, tous ces documents fiscaux sont confectionnés au centre départemental des impôts de Meiganga, le chef-lieu du département du Mbéré, Région de l’Adamaoua, par un certain Alhadji Issa, très proche de Harouna Ehmat. Contacté, Alhadji Issa dit ne pas reconnaître ce qu’on lui reproche mais ne nie pas ses accointances avec le promoteur de la société Waglam SARL. Une source interne indique que « c’est Alhadji Issa qui se charge de trouver les raisons sociales de chaque société, leurs responsables et les catégories dans lesquelles elles seront classées. Il est également chargé de faire fabriquer les cachets des centres des impôts dans lesquels ces sociétés fictives sont supposées avoir déclaré leur fiscalité ».

Pour brouiller les pistes, Harouna Ehmat crée huit comptes bancaires dans plusieurs structures au Cameroun et au Tchad et n’en déclare que la moitié au fisc. Il réussit alors à ne déclarer qu’un chiffre d’affaires de 700 millions de FCFA où les transactions dévoilées par les historiques de comptes dont nous avons pu obtenir copies indiquent près de 4,5 milliards de FCFA sur chacune des années de 2014 à 2017. Conséquence, avec des complicités au fisc, il a toujours échappé au classement dans la catégorie des grandes entreprises et ne reverse que 12,5 millions de FCFA aux impôts au lieu des 200 millions qu’il aurait souvent dus. Selon des sources internes à Wanglam SARL, « l’activité de maquillage des comptes et des transactions est l’œuvre de l’agent comptable, Aliou Mboyo. C’est lui qui est chargé de déclarer 170 millions de FCFA comme stock des produits laitiers dans les magasins au lieu des 646 282 686 FCFA réels ».

Approché, pendant plusieurs mois, Harouna Ehmat a toujours repoussé nos entrevues alors même qu’il se disait disposé à nous recevoir ou à rappeler. Finalement, nous avons été éconduits par le représentant de Nestlé dans l’Adamaoua. Et dont les activités ne s’arrêtent pas à la création de sociétés écrans et au maquillage de ses comptes.

Il étend ses entourloupes au secteur du transport. D’abord en ne déclarant que 4 des 25 camions que possède son entreprise. Puis, en substituant le savon chargé au port autonome de Douala pour N’djamena au sucre d’origine douteuse. Ces camions ne sont jamais soumis au pesage. La technique consiste à faire passer de nuit, généralement à partir de 22 heures, ses camions de sucre toujours en surcharge. Le nommé Issa Djitoum, un autre affidé d’Harouna Ehmat, est chargé de les convoyer contre 170 000 FCFA/camion qu’il verse aux équipes en poste dans les stations de pesage le long du trajet qui mène à N’djamena. Evitant ainsi de payer les pénalités conséquentes.

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