Francophonie : Michaëlle Jean lâchée par le Canada et le Québec

Ces deux gouvernements justifient leur ralliement au « consensus » en faveur de la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) par « la faiblesse des chances de réélection de Michaëlle Jean ».

Le Canada fait connaître sa position dans un mail de Jeremy Ghio, l’attaché de presse de la ministre canadienne de la Francophonie, adressé à la presse : « Le Canada est prêt à se rallier au consensus, comme le veut la façon de faire en Francophonie ». Juste après ce mail du collaborateur de Mélanie Joly, c’est le cabinet du nouveau Premier ministre québécois qui s’épanche sur le sujet dans un communiqué : « Après analyse et considérant le consensus africain qui se dessine au Sommet de la Francophonie d’Erevan le Premier ministre désigné du Québec, M. François Legault, annonce qu’il ne soutiendra pas le renouvellement du mandat de Mme Michaëlle Jean au poste de secrétaire générale de la Francophonie ».

Selon des indiscrétions qui fusent des sources proches du dossier, cette attitude commune des gouvernements du Canada et du Québec fait suite à ce qu’après évaluation des candidatures et des tendances qui en découlaient, « il était devenu évident que les chances de Mme Jean étaient très minces de l’emporter ». Seulement, ils reconnaissent qu’« elle a fait du très bon travail, notamment en ce qui a trait à l’éducation des filles et l’émancipation des femmes. Mais les chiffres sont les chiffres ».

Du côté de Mme Jean, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le 10 octobre 2018, Bertin Leblanc, son porte-parole voudrait encore croire en l’étoile de son cheffe : « Un consensus suppose un débat qui doit se faire dans les règles. Le sommet commençant demain [jeudi 11 octobre], nul doute que cette discussion aura lieu entre les chefs d’État et de gouvernement à huis clos ».

Sur la suite de l’implication du Canada dans les objectifs de l’OIF, dans son e-mail, Jérémy Ghio indique que « nous allons continuer de promouvoir le fait français, les valeurs de démocratie et de droits de la personne, et la croissance économique qui profite au plus grand nombre au sein de l’Organisation et ailleurs sur la scène internationale. »

Pour ce qui est de Louise Mushikiwabo par les chefs d’État francophones, elle sera désignée lors de leur huis clos prévu vendredi 12 octobre à Erevan.

Bernard Bangda

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