Le PDVIR lance les audiences publiques à Batouri

C’est l’objet de la descente d’une délégation du Projet de développement des villes inclusives et résilientes (PDVIR) dans cette commune de la Région de l’Est Cameroun du 15 au 20 juillet 2019.

« Nous sommes ici pour la publicité du plan d’actions de réinstallation (PAR) des personnes affectées (PAP) par le PDVIR », indique d’entrée de jeu le Colonel Berthold Dibengue, le responsable de a gestion environnementale et sociale (RGES) au sein du PDVIR. Ce 18 juillet 2019 à Batouri, il s’agit de « recueillir, le cas échéant, les plaintes qui vont consolider le document du PAR que nous avons reçu du consultant ».

D’après ce document, ce sont 90 personnes qui seront impactées par le PDVIR. Seulement, selon le Colonel Dibengue, « on note quelques anomalies dans le document du PAR. Certaines personnes n’avaient pas pu donner les photocopies de leurs cartes nationales d’identité. D’autres n’étaient pas présentes au moment du passage de la commission de constat et d’évaluation (CCE). On observe également que, pour des biens recensés, des noms autres que ceux des légitimes propriétaires sont mentionnés ».

Pendant trois jours, les PAP ont le temps de permettre la mise à jour à ce PAR. Au cours des audiences publiques organisées à cet effet, les uns et les autres vont porter des amendements à ce document afin que « nul ne soit lésé ». Les échanges vont se dérouler dans la salle des actes de la commune de Batouri, bénéficiaire de ce projet.

Violences basées sur le genre

Lors de la réunion préparatoire à ces audiences publiques, tenue le 16 juillet 2019 à la préfecture de Batouri, il a également question de « violences basées sur le genre ». Selon la responsable suivi-évaluation (RSE) du PDVIR, Rikiatou Njankouo, « elles sont ressorties dans d’autres communes que nous avons visitées ». Et la RSE de décliner : « Il est souvent arrivé qu’à la place du nom d’une femme propriétaire d’un espace ou d’un bien, on inscrive celui soit de son époux ou de son fils. Autant d’écarts qu’il faudra corriger au cours de ces audiences publiques ».

66 millions de FCFA de compensations

Les résultats de cette descente vont permettre de mener en toute transparence les procédures devant aboutir aux compensations des PAP avant le début imminent des travaux. Selon les calculs faits jusqu’ici, 66 millions seront mobilisés pour atténuer les effets de ce projet sur les riverains.

La commune de Batouri va prendre en charge ce volet. Le maire, Pierre Gombo Dimba, en décline le mécanisme de financement : « Nous avons signé un contrat d’exploitation de notre forêt communale dont les retombées vont nous permettre de régler cette facture sociale dans au plus un mois ».

Les audiences publiques de Batouri font suite aux exigences de la Banque mondiale (BM). En effet, lors d’une audience que lui a accordée le 22 mai 2019 Célestine Ketcha Courtès, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain du Cameroun, Élisabeth Huybens, la directrice des opérations de la BM, avait rassuré le gouvernement camerounais sur « la mise en vigueur du PDVIR ».

Mais la représentante de la BM avait insisté sur « la nécessité pour le Cameroun de régler le problème des indemnisations». Mme Huybens indiquait également « d’autres préalables liés, entre autres, aux plans de réinstallation des riverains affectés, à l’administration du projet et au déblocage par le Minhdu de la contrepartie du Cameroun ».

Accord de crédit

Le 28 février 2019, la directrice des opérations de la BM, Elisabeth Huybens et le ministre de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousame Mey, ont signé un accord de crédit d’un montant 93,6 milliards de FCFA pour la mise en œuvre du PDVIR. Il s’agit d’améliorer de manière significative l’accès aux infrastructures urbaines, aux services urbains de base et aux opportunités économiques dans les quartiers pauvres de sept collectivités territoriales décentralisées.

Batouri, Douala 3ème et 5ème, Kousséri, Maroua, Kumba, Ngaoundéré et Yaoundé sont les villes concernées par le PDVIR.

Le PDVIR succède au Projet de Développement Urbain et du Secteur de l’Eau (PDUE), clôturé le 31 août 2015 et qui a été mis en œuvre avec l’appui technique et financier de la Banque mondiale. Il bénéficiera directement à 651 400 personnes

Bernard Bangda

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