Lutte contre la désertification : 26.000 ha de terre restaurés depuis 2008

Cependant, à l’Extrême-Nord du Cameroun, plus concernée, des pratiques telles les feux de brousse, le surpâturage et la recherche du bois de chauffe survivent encore à ces efforts.

La question de l’avancée du désert n’est pas nouvelle au Cameroun. C’est pourquoi, depuis une quarantaine d’année, un programme visant à stopper cette évolution a été mis sur pied. L’Opération Sahel vert a, après un temps d’hibernation, repris en 2008. Cette nouvelle phase a permis de restaurer 26.000 hectares de terre. Selon le géographe et environnementaliste, par ailleurs Point focal de la Convention des Nations unies pour la lutte contre la désertification, David Payan « les activités humaines (prélèvements abusifs des ressources naturelles, le surpâturage, la déforestation et les variations climatiques demeurent. Celles-ci ont pour conséquences la dégradation des sols et l’amenuisement du couvert végétal ». La vérité ce que les plus de cinq millions d’âmes vivant dans le Grand Nord du Cameroun n’ont pas d’alternative quand il s’agit de s’approvisionner en bois de chauffe, source d’énergie utilisée par plus de ¾ de la population. En plus, pour la minorité qui se les permet, gaz et pétrole lampant coûtent de plus en plus cher. L’adhésion du Cameroun au programme Grande Muraille vert depuis le 23 mai 2017 par le MINEPDED, Pierre Hélé, à la suite de la participation du président Paul Biya à la rencontre de haut niveau sur cette initiative, en marge de la 21e convention des Nations unies sur le climat (Cop21) tenue à Paris en 2015, est porteuse d’espoir dans la lutte efficace contre la désertification. Surtout que : « Pour lutter contre la désertification, on ne doit pas seulement se limiter à la plantation des arbres. Il faut penser à la régénération des herbes qui font la fierté des populations qui les utilisent pout tisser les nattes, les haies de leurs habitation, les chapeaux, comme foin pour les bêtes dans cette zone agropastorale. Or à cause des conditions climatiques, ces herbes s’assèchent », souhaite David Payan. La restauration des terres dégradées est inscrite dans l’agenda 2030 des Nation unies au travers des Objectifs du développement durable (ODD), auxquels le Cameroun a adhéré. Rappelons que chaque année, la communauté internationale célèbre le 17 juin, la journée mondiale de lutte contre la désertification. Journée instituée le 17 juin 1992 suite à l’adoption par l’Organisation des Nations unies (ONU) de la Convention sur la lutte contre la désertification (UNCCD).

Adrienne Engono Moussang, Cameroun

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