Pénurie alimentaire : la riposte qui vient de l’Est Cameroun

Un complexe agro-industriel produira 10.000 ha du maïs et soja, 5000 ha du piment et 15.000 ha de la Stévia pour la production du sucre à l’horizon 2020.

« Nous sommes fiers de l’arrivée de ce projet. Les enfants du village travaillent déjà dans les plantations du maïs et du piment. Avec l’aide de Dieu, nous allons sortir de la pauvreté et du sous développement ». Ces propos  sont de Martin Nyengue, cultivateur et premier du village Kandala 1, Dimako  unité administrative du département du Haut-Nyong à l’Est Cameroun. Des propos qui traduisent en quelque sorte, la joie des populations de cette localité. De son côté, Marie Chantalie Zoga, présidente du réseau des producteur des produits forestiers non ligneux de Dimako affirme que « je vais mobiliser les associations féminines derrière le projet ». Le village Kandala 1 est en effet le premier bénéficier du projet de production de 10.000 hectares du maïs et du soja en association, 5000 hectares du piment dit « bec d’oiseau » et 15.000 hectares de la Stévia pour la production du sucre. Il est réalisé dans l’interzone de production agricole Dimako-Nguelebog par Orient’s Sugar and Industry S.A (OSI SA). Déjà un champ expérimental de 102 hectares de maïs et 6 hectares de piment « bec d’oiseau » sont opérationnels. Quelques mois plus tard, des unités de transformation de ces différents produits seront installées dans les villes de Dimako, Nguelebok et aussi dans le village Kandala afin d’augmenter la plus value. Cette initiative agro-industrielle est une réponse à la crise alimentaire qui plane sur la région de l’Est Cameroun depuis quelques temps. Une situation provoquée d’une part, par la crise centrafricaine sur le Cameroun qui a vu l’arrivée massive des réfugiés centrafricains et d’autre part, par des changements climatiques qui ont provoqué la baisse de production des plusieurs spéculation. Selon les derniers chiffres de la Sous délégation du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugié à Batouri, la région de l’Est abrit 152.058 réfugiés centrafricains. Certaines localités comme Gado-Badzéré par exemple ont vu leur population s’accroitre,  passant de 3000 à plus de 20.000 âmes. Avec ce flux important, les domaines de la nutrition, de l’environnement et de la santé ont été grandement affectés. Du coup, beaucoup denrées agricoles se font rares sur les marchés de l’Est et même la sous-région Afrique centrale provoquant une hausse de prix.

Sébastian Chi Elvido, Cameroun

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