Présidentielle 2018 : Les innovations de la campagne électorale

Grands bus marqués aux effigies des candidats, couverture maximale du territoire national, communication à travers les réseaux sociaux, passage dans les radios et télévisions locales et internationales ainsi qu’une organisation quasi-parfaite autour des candidats sont quelques facettes de l’élection présidentielle de cette année.

Cette campagne électorale se démarque des autres d’abord par l’organisation autour des candidats. Chacun a une équipe de campagne dans laquelle les rôles sont bien répartis. En plus du niveau élevé. Paul Mahel, un ancien de Canal2 International et de Vox-Africa, parle pour Akere Muna tandis que Clarence Yongo, l’ancienne chef de chaîne de Sweet FM, est le directeur de campagne du candidat du PURS. Au parti Univers, Prosper Nkou Mvondo, le directeur de campagne, coordonne une équipe constituée d’Emile Bindzi pour la communication, d’Armand Okol, l’ancien directeur des programmes de LTM TV, pour la mobilisation et d’Aristide Bitouga pour la stratégie. Le MCNC de Franklin Ndifor Afanwi a recruté Sam Sévérin Ango, un ancien de Canal2 International, Equinoxe TV, LTM TV et…d’Akere Muna, pour en faire son porte-parole. Paul Eric Kingue est le directeur de campagne de Maurice Kamto dont le porte-parole est Olivier Bibou Nissack, un ancien du parti Croire au Cameroun (CRAC) de Bernard Njonga.

Au RDPC, alors que jusqu’ici, l’on était habitué au Premier ministre, le directeur du cabinet civil à la présidence de la République, Samuel Mvondo Ayolo, dirige la campagne électorale du président-candidat. Au Social Democratic Front (SDF), c’est Henri Nanda Fossi qui joue ce rôle.

Par ailleurs, à l’entame de la campagne électorale en cours, presque tous les candidats ont dévoilé leur plan qui les amène dans presque toutes les Régions du pays. Même le Nord-ouest et le Sud-ouest en proie aux velléités sécessionnistes ne les font pas reculer. Ils n’hésitent pas à aller au fond du pays même si l’on constate une ruée vers le Centre, le Littoral, notamment Douala, et le grand nord qui constituent à eux seuls plus du tiers de l’électorat. Et les moyens sont mis en jeu pour parcourir le pays de fond en comble. Serge Espoir Matomba présente son bus de campagne, suivi par mimétisme par la plupart des candidats, surtout de l’opposition.

Dès le début, l’on assiste à une campagne électorale ouverte et tonitruante. Cabral Libii, Maurice Kamto et Franklin Divine font une démonstration de force au stade de la Cicam à Douala. A Yaoundé, Akere Muna a procédé à un lancement à l’américaine par une convention au cours de laquelle il a présenté son programme politique. Le RDPC choisit de lancer simultanément sa campagne à travers les 360 communes du pays qui représentent autant de sections.

Les candidats ont compris qu’une élection ne se gagne pas sur les plateaux de télévision et de radio. Pour autant, ils ne négligent pas ces espaces qu’ils investissent eux-mêmes ou à travers leurs affidés. Même si tout ne se passe pas toujours bien pour certains comme Cabral Libii, accusé de discrimination pour avoir déclaré à la télévision qu’il s’attaquerait aux appels des muezzins qui troublent le sommeil de paisibles citoyens d’autres obédiences religieuses. Malgré ce couac, le débat est d’un niveau jamais connu depuis le retour au multipartisme en 1990. Aucune question n’est éludée et l’on observe que les candidats sont préparés à cet exercice qui rehausse le niveau de la présidentielle de cette année. Tout comme les médias qui tiennent le rythme avec des émissions quotidiennes pour certains.

A défaut de se réunir autour d’une candidature unique, certains candidats de l’opposition, comme le RDPC avec le G20, rassemblent autour d’eux des partis politiques qui adhèrent à leur programme. Il en est de Maurice Kamto avec une coalition de sept partis politiques et de cinq démembrements. Idem pour Akere Muna, avec le Mouvement « Now », qui a avec lui, outre des partis, la société civile pour son image d’« homme propre », le seul à avoir décliné son bulletin de santé, ses biens et sa situation fiscale.

Bernard Bangda, Cameroun

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