Prévention des crises en Afrique : L’UA au chevet du gouvernement camerounais

Le commissaire sécurité et paix, Smail Chergui, l’a révélé ce lundi 11 février 2019 au cours de la conférence de presse que cette structure de l’Union africaine (UA) organisait.

« Des discussions sont engagées avec le gouvernement camerounais au sujet des différentes crises qui secouent le pays en ce moment », révèle le commissaire sécurité et paix en réponse à une question d’un journaliste de l’Agence française de presse (AFP) qui voulait savoir « ce que l’UA dans la résolution [de ces crises] ». Smail Chergui précise : « Le dialogue entre l’UA et le Cameroun est basé sur la prévention des conflits comme c’est le cas avec tous les pays africains qui vivent la même situation. Ces échanges respectent les interventions de l’UA dans les Etats africains om nous privilégions la prévention ».

A propos des mesures prises par l’Etat du Cameroun pour résoudre les problèmes d’insécurité qui se posent dans le pays, le commissaire sécurité et paix de l’UA indique que « la délégation camerounaise [conduite par le Premier ministre, Joseph Dion Gute, ndlr] a déclaré que le dialogue est renforcé et que le gouvernement promeut les mesures de restauration de la paix en tenant compte des dégâts causés sur les populations impactées ».

Au-delà de la guerre contre Boko Haram dans la Région de l’extrême-nord, la principale crise à laquelle faisait allusion le journaliste de l’AFP est celle qui sévit dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. A ce propos, l’on se souvient que le gouvernement camerounais avait élaboré et rendu public un Plan d’assistance humanitaire d’urgence [dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest]. Ce sont près de 13 milliards FCFA que l’Etat du Cameron voudrait investir dans la mise en œuvre de ce programme d’urgence qui intègre la prise en charge des déplacés et réfugiés ainsi que la reconstruction des infrastructures.

Ce plan venait en appui des actions déjà entreprises en amont par la direction de la Protection civile au ministère de l’Administration territoriale. Et qui avaient déjà bénéficié, au moment de la publication de l’arrêté du Premier ministre portant création du Centre de coordination de l’assistance humanitaire d’urgence le 21 novembre 2018, à 60 345 personnes, selon le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. Toujours selon ce dernier, « près de 1 200 personnes dans ces deux régions qui vivent les affres de l’instabilité, ont pris conscience de l’importance du retour de la paix et de la stabilité ».

CDDR

A côté de la prise en charge des personnes déplacées dans ces régions du Cameroun, le 30 novembre 2018, le chef de l’Etat camerounais a créé par décret, un Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR) des ex-combattants de la secte islamiste Boko Haram et des groupes armés des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest désireux de répondre favorablement à l’offre de paix du chef de l’Etat en déposant les armes. Ce comité, placé sous l’autorité du Premier ministre, a pour missions, en matière de désarmement, « d’accueillir et de désarmer les ex-combattants, de collecter, de répertorier et de stocker les armes et munitions remises volontairement par les ex-combattants, de prendre toutes les dispositions appropriées pour la destruction desdites armes, munitions et explosifs, en liaison avec les administrations compétentes ». Pour ce qui est de la démobilisation, il est question pour ce comité « de mettre en place des sites de cantonnement d’ex-combattants et en assurer la gestion, assurer l’encadrement des ex-combattants, leur apporter une assistance multidimensionnelle dans le cadre de leur préparation à un retour à la vie civile ». Enfin, en ce qui concerne la réintégration, le comité est chargé de « prendre les dispositions nécessaires à la déradicalisation des ex-combattants, de mener des actions de sensibilisation et d’apporter une assistance multidimensionnelle aux communautés d’origine aux fins de faciliter la réintégration des démobilisés, d’aider à leur réinsertion dans la vie civile, notamment par l’organisation, la formation, la mise à disposition d’outils ou moyens de production et l’assistance à la création d’activités génératrices de revenus ».

Bernard Bangda, à Addis-Abeba

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *